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	<title>Franck Garot</title>
	<link>https://www.franckgarot.net/</link>
	<description>Lou Dark, les 807, Erik Satie, tous les projets litt&#233;raires et musicaux de Franck Garot</description>
	<language>fr</language>
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<item xml:lang="fr">
		<title>Un sas &#224; Bangkok</title>
		<link>https://www.franckgarot.net/atelier/journal/article/un-sas-a-bangkok</link>
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		<dc:date>2014-02-24T09:33:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Garot</dc:creator>


		<dc:subject>Photos</dc:subject>
		<dc:subject>Tha&#239;lande</dc:subject>
		<dc:subject>Olo&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>H&#244;tel</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans un Starbucks de Bangkok&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.franckgarot.net/atelier/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.franckgarot.net/mot/photos" rel="tag"&gt;Photos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.franckgarot.net/mot/thailande" rel="tag"&gt;Tha&#239;lande&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.franckgarot.net/mot/oloe" rel="tag"&gt;Olo&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.franckgarot.net/mot/hotel" rel="tag"&gt;H&#244;tel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.franckgarot.net/IMG/logo/arton109.jpg?1391160738' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;la solitude habituelle de l'h&#244;tel &#8212; les hommes d'affaires les couples en voyage de noces et moi seul &#224; ma table &#8212; les discussions strat&#233;giques &amp; commerciales en anglais les roucoulades les standards internationaux arrang&#233;s en jazz bossa &lt;i&gt;easy listening &amp; pure rubbish&lt;/i&gt; et moi et mon silence &#8212; les sourires du pays du sourire le service haut de gamme luxe &amp; obs&#233;quiosit&#233; pay&#233; une mis&#232;re et le sourire mien crisp&#233; &lt;i&gt;thank you&lt;/i&gt; &#8212; et cette naus&#233;e &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;alors venir ici Starbucks du rez-de-chauss&#233;e de l'UCL Building &lt;i&gt;frappuccino &amp; double chocolate muffin&lt;/i&gt; petit d&#233;jeuner au milieu de conversations en tha&#239; &#8212; un sas entre les nantis &amp; les coll&#232;gues &#8212; lire ses mails corriger un livre &#233;crire un texte dans ce coton sonore isol&#233; mais plus seul bien qu'&#224; jamais &lt;i&gt;farang&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;prendre l'ascenseur monter monter &#8212; entre deux r&#233;unions prendre cette photo du Lumphini park&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo de Franck Garot, prise le 28 septembre 2007.&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 10 f&#233;vrier 2014 sur les &lt;a href=&#034;http://relire.net/oloe/spip.php?article37&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Olo&#233; du monde entier&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'inconnu de Phuket</title>
		<link>https://www.franckgarot.net/atelier/prose/article/l-inconnu-de-phuket</link>
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		<dc:date>2010-12-07T16:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Garot</dc:creator>


		<dc:subject>Tha&#239;lande</dc:subject>
		<dc:subject>Tsunami</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Leurs corps sont ench&#226;ss&#233;s, m&#234;l&#233;s ; ils flottent sur les draps comme port&#233;s par une houle, une onde l&#233;g&#232;re ; le mouvement est r&#233;gulier et lent ; le plaisir vient, insensiblement, vague profonde et in&#233;luctable ; la fen&#234;tre ouverte laisse entrer l'air, une brise d'une chaleur lasse en ce matin de d&#233;cembre tropical ; des gouttes de sueur perlent et forment de minuscules ruisseaux qui se rejoignent dans les plis de l'aine, du cou, des aisselles ; puis les muscles se tendent doucement, un infime (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.franckgarot.net/atelier/prose/" rel="directory"&gt;Prose&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.franckgarot.net/mot/thailande" rel="tag"&gt;Tha&#239;lande&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.franckgarot.net/mot/tsunami" rel="tag"&gt;Tsunami&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.franckgarot.net/IMG/logo/arton26.jpg?1372690068' class='spip_logo spip_logo_right' width='131' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Leurs corps sont ench&#226;ss&#233;s, m&#234;l&#233;s ; ils flottent sur les draps comme port&#233;s par une houle, une onde l&#233;g&#232;re ; le mouvement est r&#233;gulier et lent ; le plaisir vient, insensiblement, vague profonde et in&#233;luctable ; la fen&#234;tre ouverte laisse entrer l'air, une brise d'une chaleur lasse en ce matin de d&#233;cembre tropical ; des gouttes de sueur perlent et forment de minuscules ruisseaux qui se rejoignent dans les plis de l'aine, du cou, des aisselles ; puis les muscles se tendent doucement, un infime tremblement les parcourt : ils vont jouir, c'est palpable ; ils n'entendent pas ce silence de mort, soudain, bris&#233; par le fracas de la mer qui les emporte, avec leur bungalow, comme des milliers d'autres sur cette &#238;le de Phuket.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cris, des r&#226;les, des pleurs, et ces larmes, ridicules rus quand tout flotte alentour dans les rues : les corps, les paniers, les corps, les planches, les corps, les bidons ; et lui, nu, accroch&#233; &#224; un arbre, lui qui hurle et qui appelle : Nadia ! Nadia ! Plus tout &#224; fait un homme, ni d&#233;j&#224; un animal, un &#234;tre qui souffre et qui le crie, avec cette voix, mon Dieu, cette voix qui appelle ; ils voudraient tous qu'il se taise : Quelle ind&#233;cence ! Croit-il qu'il soit le seul &#224; souffrir ? Qu'il arr&#234;te &#224; la fin ! Il voit leurs regards : la douleur et la haine ; alors il se tait subitement, puis il pleure en silence, piteusement, d&#233;sesp&#233;r&#233;ment seul dans cet enfer tropical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amas de t&#244;les, de briques, de bois, de tissu, de boue que les bulldozers retournent, ou rassemblent, et cette odeur, horrible, cette odeur de d&#233;composition qui &#233;mane des gravats, pourriture des cadavres, &#231;a pue la mort ici ; quelques chiens fam&#233;liques cherchent une pitance dans cette d&#233;charge de l'Humanit&#233;, tandis que d'autres, chiens agiles et robustes, venus par avions, cherchent des corps qui bougeraient encore ; et lui, pauvre h&#232;re au milieu de cette merde, un pagne trou&#233; et sale autour de la taille, il marmonne un pr&#233;nom, toujours le m&#234;me, continuellement, Nadia, Nadia, il ne sait plus comment il s'appelle, Nadia, Nadia, ne sait plus s'il parle anglais, fran&#231;ais ou allemand, Nadia, Nadia, il ne conna&#238;t plus qu'une langue, celle de l'algie de son &#226;me, une langue qui se r&#233;sume &#224; un seul mot : Nadia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;range : on n'aspire qu'au deuil, &#224; reconstruire, nettoyer, donner une image de paradis, mais ce revenant d'outre-tombe qui mendie devant les tentes de la Croix-Rouge ram&#232;ne chacun &#224; son propre malheur, &#224; ses pertes. Mais comment le renvoyer chez lui, cet intrus ? On veut conna&#238;tre son nom, on le prend en photo, on le filme, sa t&#234;te affich&#233;e dans toutes les ambassades ; il doit bien avoir de la famille, en Europe ou ailleurs, et le monde entier s'en &#233;meut, les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s titrent sur l'inconnu de Phuket, des dizaines de m&#232;res reconnaissent en lui leur fils disparu depuis des ann&#233;es, on demande son ADN, son empreinte de m&#226;choire. Puis un autre malheur arrive, ailleurs, alors il dispara&#238;t des &#233;crans, les affiches jaunissent, il tombe dans l'oubli, pour les m&#233;dias il n'existera plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyageur, si tu viens &#224; Phuket, les habitants de l'&#238;le te parleront de cet homme. Ils te diront de le fuir, qu'il porte malheur. Ils le craignent. Ils l'ont appel&#233; Nadia. Pour &#233;viter sa col&#232;re qu'ils imaginent tsunamique, ils lui apportent chaque jour de la nourriture qu'ils d&#233;posent devant son petit cabanon fait de t&#244;les et de planches de r&#233;cup&#233;ration. Ils te diront aussi que Nadia parle avec les morts. Leurs morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ignorent que l'inconsolable attend la prochaine vague&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; dans le num&#233;ro 36 de la revue Sol'Air et le 7 d&#233;cembre 2010 sur &lt;a href=&#034;http://versminuit.blogspot.com/2008/11/linconnu-de-phuket.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vers minuit&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Illustration : &lt;i&gt;Paradise&lt;/i&gt; (d&#233;tail) de &lt;a href=&#034;http://www.cedricgalopin.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C&#233;dric Galopin&lt;/a&gt;, (c) C&#233;dric Galopin 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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